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lundi 8 juin 2026

Star spangled banner

07:16

Réveil 4h. Le but : être à Titusville à l’aube pour assister au décollage de la Falcon 9 de SpaceX (mission Starlink 10-35), planifié à 6h13 précises. On s’installe sur le pont qui relie la ville à Merritt Island. À 6h13 pile, une lumière trop blanche pour être normale apparaît à l’horizon et s’élève. Lentement d’abord, puis plus vite, puis très vite. Quelques secondes plus tard, le vrombissement sourd nous rattrape et remplit complètement l’air. C’est un moment difficile à décrire. On se sent à la fois très grand d’appartenir à une espèce capable de mettre des choses en orbite et minuscule, face à la taille de ce qu’il y a au-dessus. Suspendu, c’est le mot.

Après ça, descente sur la fine bande de terre qui longe l’Indian River Lagoon en bas du pont. Et là, deuxième vertige : la nature est partout, intacte, peuplée. On se dit qu’il y a quelque chose de presque ironique dans le voisinage entre les fusées que beaucoup associent à la pollution et la qualité de préservation de cet endroit, qui dépasse largement ce qu’on connaît chez nous. Petit-déjeuner ensuite à Cap Canaveral, et balade dans Peacock Beach : maisons colorées typiquement floridiennes, paons en liberté qui se baladent dans les jardins comme si c’était parfaitement normal.

À 9h, Kennedy Space Center. Toute l’histoire de la conquête spatiale américaine racontée en un seul lieu, et le clou du spectacle : la vraie navette Atlantis. Elle est immense, étrangement intime, et impressionnante par ce qu’elle a accompli. On a aussi vu le revers de la médaille : des débris conservés des accidents de Challenger et Columbia. Difficile de ne pas s’arrêter quelques minutes devant.

En rentrant, détour par le lake Apopka pour tenter le Wildlife Drive et voir des alligators. Sauf qu’on apprend sur place que c’est ouvert vendredi-dimanche seulement. On a quand même fait un petit bout à pied, et bingo : première rencontre avec un alligator sauvage. Petit dernier arrêt chez Walmart pour les en-cas, où on a une fois de plus mesuré la différence d’échelle avec la France. Tout y est démesuré. Endormis à 18h, réveillés à 8h le lendemain matin. Quatorze heures pleines. C’était la bonne décision.